Retrouver son ambition professionnelle. Et si votre ambition existait déjà, mais que vous ne la reconnaissiez plus ?
- Agnès DELARCHE
- 8 juin
- 5 min de lecture
"Ambitieuse, moi ? Non, je ne veux écraser personne."
C'est la réaction d'une cliente, il y a quelques mois, quand je lui ai parlé d'ambition. Elle arrivait avec cette conviction : être ambitieuse, c'était forcément vouloir prendre la place de quelqu'un. Faire du mal en passant. Se battre pour quelque chose aux dépens de quelqu'un d'autre.
On a travaillé ensemble. On a retourné le mot dans tous les sens. Et à un moment, le mot ambition avait pris sens pour elle : "Oui, je suis ambitieuse. L'ambition d'être heureuse et de porter les valeurs qui sont les miennes."
Ce n'était plus la même ambition. C'était la sienne.
Dans cet article, vous allez retrouver :

Ambition : le mot qui fait peur
L'ambition a mauvaise presse. Dans beaucoup de milieux, vouloir davantage, pour soi, pas contre les autres, reste suspect.
Les femmes en particulier apprennent très tôt à moduler leurs désirs, à les formuler avec précaution, à prévenir le reproche avant qu'il arrive.
Résultat : beaucoup arrivent à un moment de leur vie professionnelle avec une relation abîmée à leurs propres envies. Soit elles les ont écrasées pour ne pas déranger. Soit elles se les sont si peu appropriées qu'elles n'arrivent plus à les formuler.
Ce n'est pas un manque d'ambition. C'est une ambition enfouie sous des années d'injonctions, de pression, de regard des autres.
Et ça, ce n'est pas la même chose.
Retrouver son ambition professionnelle. Ce qui se joue vraiment
Quand une personne que je vois en séance arrive en disant "je ne sais plus ce que je veux", ce n'est presque jamais vrai au sens littéral. Ce qui est vrai, c'est qu'il y a plusieurs couches entre la personne et ses désirs réels. Et tant qu'on ne les nomme pas, elles font barrage.
La définition héritée de la réussite
La première couche, c'est souvent la définition héritée de la réussite. Celle que l'on a intégrée sans vraiment la choisir, par l'école, par la famille, par le milieu professionnel.
Progresser, c'est monter. Monter, c'est manager. Manager, c'est réussir.
Cette équation tient jusqu'au moment où elle ne tient plus. Et quand elle se fissure, le vide qu'elle laisse peut ressembler à une absence d'ambition, alors que c'est simplement une ambition empruntée qui arrive à son terme.
Les drivers, ces injonctions qu'on n'a pas choisies
La deuxième couche, ce sont les drivers, ces injonctions intérieures construites dans l'enfance, que nous avons intégrées comme conditions pour être aimés ou reconnus. Sois parfait. Fais plaisir. Sois fort. Fais des efforts.
Ils pilotent nos comportements, souvent à notre insu. Quelqu'un sous l'emprise du driver Fais plaisir construira une ambition orientée vers l'approbation des autres, pas vers ses propres désirs. Quelqu'un sous Sois parfait ne se donnera jamais la permission d'être "arrivé", parce qu'il y a toujours quelque chose à améliorer.
Ces patterns ne sont pas à éliminer. Ils demandent à être vus.
La peur de réussir, l'autre face de la médaille
La troisième couche, c'est la peur. Pas toujours la peur d'échouer, parfois, c'est même la peur de réussir.
Si je réussis, on va m'en demander encore plus. Si je change, je vais décevoir ceux qui m'ont connue autrement. Si j'ose vouloir autre chose, je devrai assumer d'avoir voulu autre chose.
Cette peur ne s'oppose pas à l'ambition. Elle lui ressemble, mais à l'envers.
Et quand on a atteint ce qu'on voulait
Il y a une autre situation que je rencontre régulièrement, moins souvent évoquée mais tout aussi réelle.
Celle d'une personne qui a atteint l'ambition qu'elle portait depuis longtemps, le poste visé, le niveau de responsabilité, la reconnaissance espérée. Et qui se retrouve, une fois là, avec une question qu'elle n'avait pas anticipée : et maintenant ? Comment alors retrouver une ambition professionnelle ?

L'ambition était un cap et le cap est atteint. Le moteur ne sait plus vers quoi s’orienter. Et dans un monde professionnel qui valorise toujours l'élan vers le haut, dire "j'y suis, et je ne sais plus où aller" peut sembler presque honteux.
C'est pourtant un moment précieux. Un moment où tout est possible, justement parce que rien n'est encore tracé. Un moment pour se demander, peut-être pour la première fois vraiment librement : qu'est-ce que j'ai envie de faire de tout ce que je suis devenu ? De toutes ces compétences accumulées, de cette expérience, de cette énergie, qu'est-ce qui me ferait plaisir, maintenant ?
Pas ce qui serait logique. Pas ce qu'on attend. Ce qui ferait plaisir.
Revenir à l'envie
L'ambition authentique, celle qui dure, celle qui nourrit plutôt qu'elle n'épuise, ne ressemble pas à une feuille de route. Elle ressemble plutôt à une boussole intérieure. Elle prend en compte ce qui vous met en mouvement profondément, ce qui circule en vous sans effort, ce dans quoi vous oubliez de regarder l'heure.
Elle n'oblige pas à tout plaquer ni à tout reconstruire. Parfois, elle demande juste un réajustement, un déplacement de curseur, une permission qu'on ne s'était pas encore accordée.
Selon une étude de France Compétences publiée en 2025, 73 % des personnes engagées dans une démarche de reconversion citent la recherche de sens et d'accomplissement comme motivation principale, avant les considérations salariales. Ce renversement dit quelque chose d'important sur ce que les gens cherchent vraiment. Ils ne fuient pas le travail. Ils fuient un travail qui ne les représente plus.
Ce que je propose, et pourquoi c'est autre chose
Ce que je fais avec mes clients c'est bien plus qu'un bilan de compétences classique. On ne cherche pas un nom de métier. On ne remplit pas une case.
On cherche un état. Un état dans lequel la tête, le corps et le coeur sont accordés, où ce que vous pensez, ce que vous ressentez et ce que vous faites ne tirent plus dans trois directions différentes.
Pour y arriver, on travaille avec les pensées bien sûr, mais aussi avec le corps, la respiration, les émotions. Avec l'ikigaï comme boussole, la sophrologie pour accéder à ce que les mots n'atteignent pas toujours, l'intelligence émotionnelle pour apprendre à copiloter avec vos émotions plutôt qu'à les subir ou les étouffer.
Parce que quand tout est aligné, quelque chose change dans la manière d'avancer. On n'avance plus par effort, par obligation, par peur de rater. On avance avec de l'énergie, avec de la fluidité. Comme une dynamo qui se recharge depuis l'intérieur plutôt que de puiser dans des réserves qui s'amenuisent.
Ce travail ne sert pas que pendant les trois mois d'accompagnement. Il vous appartient pour bien plus longtemps que ça.
Ce que j'aimerais que vous reteniez
Votre ambition n'a probablement pas disparu.
Elle est peut-être recouverte par une définition qui n'est pas la vôtre, par des peurs que vous n'avez pas encore eu l'occasion de regarder en face, ou par un cap atteint qui demande maintenant qu'on en pose un nouveau.
La question n'est pas : avez-vous de l'ambition ?
La question est : laquelle est vraiment la vôtre ?
Si vous sentez que c'est le moment de l'explorer sérieusement, je vous propose qu'on en parle. Un premier échange, sans engagement, pour voir si cette approche est ce qu'il vous faut. Vous me parlez de votre situation, je vous dis ce que j'en pense et vous repartez déjà avec quelques conseils à mettre en place : https://calendly.com/adelarche/30min
Si cet article vous a parlé, vous pouvez aller plus loin. Dans la Pep’Focus, ma newsletter mensuelle, j'explore ces sujets avec des outils concrets pour traverser vos émotions plutôt que les subir. C'est par ici 👉 https://www.pepytes-parcours.fr/abopepfocus
Sources et références
Étude France Compétences, Baromètre de la formation professionnelle, 2025.
Concept des drivers : Taibi Kahler, Process Communication Model (PCM).
